25 janvier 2005
Edito
Nous y voilà, l’unique numéro
d’ « Être ou ne pas être… Surréalistes » est enfin
entre vos mains. Qu’est-ce donc que le surréalisme ? Un animal tout
droit sorti du fond des âges ? Une religion futuriste ? Un simple
mouvement artistique ?
C’est bien la question que nous nous
sommes posée. Plus difficile que cela encore : Qu’est-ce qu’être
surréaliste ? En espérant que, au gré de ces pages, vous puissiez
appréhender sous différents angles, le vaste et provoquant univers
surréaliste.
Au delà de la découverte théorique,
nous avons tenté d’explorer cette chère liberté que les surréalistes
ont souhaité offrir aux hommes : de quelle nature était-elle ? A-t-elle
été ne serait-ce qu’approchée ?
Définition du surréalisme
Le surréalisme : "automatisme psychique pur par lequel on se propose d' exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l' absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale". C' est ainsi que le poète français André Breton, chef de file de ce mouvement, le définit en 1924 dans son premier Manifeste Du surréalisme et ainsi l' officialise. Comment un tel mouvement a t’il pu naître à cette époque, dans quel contexte ? Quels furent les prémisses ? Quel fût l’élément déclencheur ?
Surgissement du Surréalisme
En réalité Le Surréalisme encore
non baptisé, fit ses premiers pas une dizaine d' années auparavant au
milieu des gravats et des cendres de la Première Guerre Mondiale, où
les valeurs traditionnelles occidentales sombrèrent en entraînant sur
leur passage de nombreuses certitudes notamment scientifiques ou
philosophiques. Tout fut en quelque sorte remis en question. Parce que
cette Guerre fut une réelle boucherie, que le sang des soldats ne
cessa de couler sur la terre des tranchées, les esprits de ces jeunes
combattants et de tant d' autres furent ravagés, anéantis, blessés peut
être à vie... " Nous autres civilisations, nous savons maintenant
que nous sommes mortels" déclara le poète Paul Valery ( admiré des
premiers surréalistes ) partageant cet atroce constat de faillite
physique et morale.
Pour soigner les consciences
profondément perturbées des soldats revenus du front, Breton enrôlé
dans le service psychiatrique de médecine militaire, eut l' occasion d'
inaugurer dès 1916 une nouvelle méthode de traitement de l' âme, dont
il avait pris connaissance en se penchant de près sur les oeuvres d' un
psychiatre viennois encore inconnu en France : Sigmund Freud. Il s'
agissait de faire parler les malades sans attendre d' eux un
discours structuré mais un flux de mots, de paroles échappant à la
censure de leur conscience, le but étant de faire ressurgir leurs
obsessions enfouies, pour qu' ils puissent un jour parvenir à s' en
libérer.
De cette pratique médicale dérivèrent les procédés d' écriture des Surréalistes.
Dans cette période de
guerre Breton fit en 1917 la rencontre d' un autre étudiant en
médecine : Louis Aragon qui en 1919 lui présentera Philippe
Soupault. Ils créèrent ensemble la revue Littérature. En 1920 Benjamin
Péret rencontra leur petit groupe et devint l' un des éléments les plus
actifs du futur mouvement Surréaliste ...et ainsi petit à petit sur le
chemin du Surréalisme de nouveaux visages firent leur apparition :
Robert Desnos, Antonin Artaud de nouveaux adeptes rallièrent le
mouvement.
" C' est au comte Lautréamont
qu' incombe peut être la plus grande part de l' état de choses poétique
actuel " ( André Breton ). Auteur des Chants de Maldoror, Lautréamont (
1846-1870 ) fut après sa mort admiré des Surréalistes pour avoir été l'
un des premiers à proposer une nouvelle manière de traiter la forme
littéraire dans la poésie, détournant de la sorte certaines traditions
d' écriture.
De nombreux auteurs inspirèrent
aussi les Surréalistes tels que Sade pour ses écrits subversifs,
Rimbaud qui rénova profondément la poésie, Roussel en raison de son
excentricité, ou Apollinaire " esprit nouveau " de la poésie et
inventeur du néologisme : " surréalisme ".
Le surréalisme se voulait être
un mouvement de bouleversement, de libération au niveau
littéraire. Il fallait " changer la vie " , " changer le
monde " ( Karl Marx ), libérer les hommes de leurs contraintes, donner
un bon coup de pied dans le rationalisme de la culture bourgeoise
occidentale, tout retourner pour tout recommencer avec un regard
nouveau, des ambitions nouvelles, tout recréer, retirer les menottes de
la pensée, les chaînes de la parole, briser les règles absurdes et
contraignantes concernant l' expression. La psychanalyse, l'
irrationnel et l' inconscient furent projetés, balancés en avant de la
scène.
Leur " aspiration
révolutionnaire " rapprocha rapidement les surréalistes d' un autre
mouvement qui fit son entrée à Paris en 1920 : le dadaïsme : "
entreprise sans précédent de destruction de toutes les valeurs
traditionnelles " ( Maurice Nadeau ), orchestrée par le Roumain Tristan
Tzara hâtif de rejoindre le groupe Littérature. Belles-lettres, bon
goût et valeurs morales étaient fortement critiquées dans cette autre
protestation collective, s' exprimant avec dérision et
provocation. Les Surréalistes se montrent séduits par cette anarchie
permanente et participent aux manifestations organisées par Tzara se
révèlent bien souvent grotesques, tapageuses et insultantes pour le
public. L' esprit de bouffonnerie systématique du mouvement Dada aura
vite fait de lasser Breton qui demandera à ses amis de lâcher le
mouvement en Août 1921 au nom d' ambitions plus hautes. Cependant l'
anticonformisme de Tzara ainsi que sa volonté de nier la solution
artistique restèrent au cœur de la définition du surréalisme.
André Breton, figure du surréalisme
Comment
ne pas parler de Breton, André Breton, quand on traite du
surréalisme ? Qui était André Breton ? Quel a été son
rôle dans ce mouvement ? Est-il juste de le designer comme
le « pape du surréalisme » comme l’on fait certain de
ses « adversaires » ? Ou bien était-il simplement un
membre, participant actif de ce mouvement ? On peut se demander si
Breton n’a pas été justement a l’encontre de tous les principes du
surréalisme, a savoir, « la libération de l’esprit », en
imposant d’une certaine manière les « lois du
surréalisme » a travers ses différents manifestes ? En effet
comment traiter avec rigueur et principe un mouvement dont le but
premier était de libérer cet inconscient qui nous emprisonne ?
N’est ce pas contradictoire ? Mais voyons tout d’abord qui était
cet homme...
André Breton est né dans l’Orne en 1896. Lui et ses parents déménagent
pour Paris ou il grandira. Lorsqu’il commence sa première année de
médecine, André Breton est appelé à la guerre. Il travaillera à Nantes
comme interne dans un hôpital militaire. C’est la qu’il fera sa
rencontre déterminante avec Jacques Vaché. Durant son service à
l’hôpital il découvrira les méthodes de traitement de la psychanalyse
freudienne
C’est en 1919 qu’il fonde la revue
« littérature ». En 1920 né le premier texte surréaliste,
œuvre écrite entièrement en écriture automatique par André breton et
Philipe Soupault : les Champs Magnétiques. C’est a cette période
que Breton rencontre sa première femme, Simone Kahn qu’il épouse en
1920.
Alors que depuis 1919 il participe
au mouvement Dada au coté de Tristan Tzara, en 1924 il rompt
définitivement avec ce mouvement pour créer le surréalisme. C’est aussi
en 1924 que parait le premier Manifeste du Surréalisme
En 1927 il s’engage au partit
communiste. Il rencontre alors sa seconde épouse, Jacqueline Lamba avec
laquelle il se marie en 1934. C’est de ce mariage que va naître sa
fille, Aube.
En 1939, alors que la seconde
guerre mondiale éclate Breton est mobilisé. En 1940 inquiété pas le
régime de Vichy il préfère fuir au États-Unis.
Puis Breton se sépare de Jacqueline. En 1944 il rencontre sa troisième épouse, Lisa.
Il rentre en France en 1946. Il se
battra alors pour redonner de la vie au mouvement comme pendant l’avant
guerre. Il s’engagera fortement contre le Stalinisme et contre la
guerre en Algérie.
André Breton mourra le 18 septembre 1966. Sur le faire-part du décès sera écrit : « je cherche l’or du temps ».
Sans nul doute que Breton se
présente comme le fondateur du surréalisme, et si ses critique l’on
appelé « pape du surréalisme » c’est sûrement bien plus par
provocation que pour des raison bien fondée. En effet sans Breton le
surréalisme ne serai rien et n’aurai tout simplement jamais existé mais
il ne faut pas oublier tous ces hommes qui, au coté de Breton ont fait
vivre ce mouvement, ou l’imagination, la recherche d’une libération, la
mise en valeur de se que cache l’homme au fond de lui sont au centre de
tout. Au fond Breton a été une sorte de centre dynamique du mouvement
et c’est lui qui lui a donné un contenu théorique.
Citations d'André Breton
« L’imaginaire, c’est ce qui tend à devenir réel »
« Le cœur humain est beau comme un sismographe » extrait de Nadja
« Par un mot tout est sauvé, par un mot tout est perdu »
« La beauté sera convulsive ou ne sera pas. »
« Aucune règle n'existe, les exemples ne viennent qu'au secours des règles en peine d'exister. »
« Toutes les idées qui triomphent courent à leur perte. »
L’objectif N°1 :libérer l’esprit
« L'homme propose et dispose. Il ne tient qu'à lui de s'appartenir tout entier. » André Breton
Le surréalisme se donne pour
mission de libérer l’esprit, et ce n’est justement pas le texte
ci-contre qui contredira cette affirmation !
Les surréalistes critiques à
l’égard de la société contemporaine, décriaient le manque de liberté de
l’homme. Beaucoup de codes semblent enfermer l’homme et son esprit. En
proposant un mouvement iconoclaste et décalé, les surréalistes ont mis
en exergue ces codes pour mieux savoir les dépasser. A travers
l’écriture, ils ont mis en avant l’inconscient, la méconnaissance que
nous avons de nous-mêmes. Mais jusqu’à quel point les surréalistes
souhaitaient-ils devenir libre ? Jusqu’à dépasser toute morale ? C’est
ce que l’on pourrait croire à la lecture d’une citation de Breton :
« L’acte surréaliste le plus
simple consiste, revolver aux poings, à descendre dans la rue et à
tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule »
Déclaration du 27 janvier 1925
Ouvert le 11 octobre 1924 au 15, rue
de Grenelle, le Bureau de Recherches surréalistes a l'ambition de
recevoir tous ceux que le Surréalisme intéresse et d'être attentif à
leurs questions comme à leurs propositions. Porte ouverte sur
l'inconnu, cette « Centrale », qui fermera l'année suivante, fut
pendant quelques mois dirigée par Antonin Artaud.
Eu égard à une fausse interprétation de notre tentative stupidement répandue dans le public,
Nous tenons à déclarer ce qui
suit à toute l'ânonnante critique littéraire, dramatique,
philosophique, exégétique et même théologique contemporaine :
1° Nous n'avons rien à voir avec la littérature,
Mais nous sommes très capables, au besoin, de nous en servir comme tout le monde.
2° Le SURRÉALISME n'est pas un moyen d'expression nouveau ou plus facile, ni même une métaphysique de la poésie;
Il est un moyen de libération totale de l'esprit
ET DE TOUT CE QUI LUI RESSEMBLE.
3° Nous sommes bien décidés à faire une Révolution.
4° Nous avons accolé le mot de
SURRÉALISME au mot de RÉVOLUTION uniquement pour montrer le
caractère désintéressé, détaché, et même tout à fait désespéré, de
cette révolution.
5° Nous ne prétendons rien
changer aux mœurs des hommes, mais nous pensons bien leur démontrer la
fragilité de leurs pensées, et sur quelles assises mouvantes, sur
quelles caves, ils ont fixé leurs tremblantes maisons.
6° Nous lançons à la Société cet avertissement solennel :
Qu'elle fasse attention à ses écarts, à chacun des faux pas de son esprit nous ne la raterons pas.
7° A chacun des tournants de sa pensée, la Société nous retrouvera.
8° Nous sommes des spécialistes de la Révolte.
Il n'est pas de moyen d'action que nous ne soyons capables, au besoin, d'employer.
9° Nous disons plus spécialement au monde occidental :
LE SURRÉALISME EXISTE
- Mais qu'est-ce donc que ce nouvel -isme qui s'accroche maintenant à nous ?
- Le SURRÉALISME n'est pas une forme poétique.
Il est un cri de l'esprit qui retourne vers lui-même et est bien décidé à broyer désespérément ses entraves,
et au besoin par des marteaux matériels.
DU BUREAU DES RECHERCHES
SURRÉALISTES
15, rue de Grenelle
Surréalisme et inconscient : les influences Freudiennes
« Le surréalisme est un
moyen de libération totale de l’esprit » écrivait Breton dans une
de ses déclarations en 1925. Si le surréalisme se caractérise par ses
méthodes d’écritures surprenantes telles que l’écriture automatique, il
est largement inspiré des théories freudiennes et de la psychanalyse.
En effet, en 1918, les livres de Freud commencent à être traduit et les
théories sur l’inconscient parviennent aux oreilles de surréalistes.
Car c’est cet inconscient qui nécessite d’être « libéré ».
Derrière chacun de nos actes, chacune de nos pensées se cache une
partie de nous inconnue. C’est cet inconscient enchaîné, inaccessible
que les surréalistes tentent d’atteindre. Grâce a l’écriture
automatique notamment, ils tentent de se mettre en état de ne plus
réfléchir, de ne plus penser a ce qu’ils écrivent, mais jute de se
laisser guider par nos sentiments, nos désirs, nos haines, nos regrets,
nos rancunes enfouies au plus profond de nous, dans cet inconscient. Le
but ? Libérer notre esprit de toutes les censures, de toutes nos
valeurs acquises avec le temps, de tous nos interdits. Mais cette
fascination pour la psychanalyse, pour l’inconscient Freudien, n’était
pas forcement réciproque. En 1924, Breton se rend a Vienne dans le but
de rencontrer Freud. Pour ce dernier le surréalisme n’est que de l’art,
de la poésie, mais en rien il ne reconnaît l’efficacité de leurs
méthodes. Lui, qui a « inventé » la psychanalyse, l’a fait
dans un but thérapeutique, c'est-à-dire, dans le but de soigner de
réels troubles mentaux et non pas dans l’idée de « libérer »
l’esprit.
Cependant, on note que l'entrée
de la psychanalyse en sol français s'est principalement effectuée du
côté des arts avec la montée du surréalisme et les œuvres d'auteurs
tels André Gide et Paul Bourget, ce qui eut pour effet de mettre la
psychanalyse à la mode sur la base de connaissances souvent très
superficielles. Après tout le surréalisme en aurait indirectement
libéré quelques-uns !
De la passion pour Freud à l’écriture automatique
« Tout occupé que j'étais
encore de Freud à cette époque et familiarisé avec ses méthodes
d'examen que j'avais en quelque peu l'occasion de pratiquer sur des
malades pendant la guerre, je résolus d'obtenir de moi ce qu'on cherche
à obtenir d'eux, soit un monologue de débit aussi rapide que possible,
sur lequel l'esprit critique du sujet ne fasse porter aucun jugement,
qui ne s'embarrasse, par suite, d'aucune réticence, et qui soit aussi
exactement que possible la "Pensée Parlée" (...) c'est dans ces
dispositions que Philippe Soupault à qui j'avais fait part de ces
conclusions, et moi, nous entreprîmes de noircir du papier avec un
louable mépris de ce qui pourrait s'ensuivre littérairement"... ainsi
naquit entre autres, La délivrance » Breton
La délivrance
Faculté de se donner
Renseignements gratuits
Amendez-vous sur terre
heureux de faire plaisir
Voici les jolies pioches du retour en arrière inoffensif
L'or mérité
Champignon poussé dans la nuit demain il ne sera plus frais
Saisons animatrices de nos désirs
Ouverture des portes devant l'écuyère
Zoom sur les méthodes d’écritures des surréalistes
Le mouvement
surréalisme à l' origine refusait catégoriquement d' être
considéré comme porteur une esthétique nouvelle, une technique de
production de beaux textes, mais se proclamait fièrement en tant qu'
état d' esprit, et dans sa production en tant qu' outil expérimental de
connaissance du monde.
Quelles
furent alors les méthodes d' écritures, les modes de production des
Surréalistes qui leur permirent de s' écarter de du coté
esthétique de l' écriture ? Ont-ils réussi à respecter cette valeureuse
ambition ?
Pour dévoiler les zones inconnues du psychisme, l' écriture surréaliste recourut à plusieurs moyens d' investigation :
L' écriture automatique,
consistant à laisser libre cours à son imaginaire, à libérer le langage
de tout contrôle, en écrivant un texte, sous la dictée d' une pensée
donc spontanée, d' une seule traite refusant toute retouche ultérieure.
" Placez vous dans l' état le plus passif, ou réceptif que vous
pourrez. (...) Écrivez vite et sans sujet préconçu, assez vite pour ne
pas retenir votre pensée et ne pas être tenté de vous relire. "
(Breton).
Les Champs Magnétiques, texte
rédigé conjointement en 1919 par André Breton et Philippe Soupault fut
considéré rétrospectivement comme le premier écrit surréaliste, l'
automatisme y étant expérimenté.
Et c' est par la pratique de
cette méthode d' écriture que naquit une poésie révolutionnaire, à l'
écart de toute règle et de tout contrôle de la raison.
Les Cadavres exquis,
méthode d' écriture collective ( dont nous avons beaucoup fait usage )
est un jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par
plusieurs personnes successives qui ne tiennent pas compte de l' apport
précédent.
" Vous vous asseyez à cinq
autour d' une table. Chacun de vous note, en se cachant des autres, sur
une feuille, le substantif devant servir de sujet à une phrase. Vous
passez cette feuille pliée de manière à dissimuler l' écriture à votre
voisin de gauche en même temps que vous recevez de votre voisin de
droite la feuille qu' il a préparé de la même manière... Vous appliquez
au substantif que vous ignorez un adjectif... Vous procédez ensuite de
la même manière pour le verbe, puis pour le substantif devant lui
servir de complément direct, etc." L' exemple le plus connu, et qui a
donné son nom au jeu, est la première phrase obtenue de cette manière :
Le cadavre exquis boira le vin nouveau "."
Les récites de rêves et le
sommeil hypnotique, qui permettent de livrer hallucinations et
sensations dans leur jaillissement incontrôlés ; Robert Desnos, en
particulier, " parle ses rêves " à volonté.
( C' est par ces méthodes que les surréalistes ont obtenu le " stupéfiant image " ( Aragon ).
Il s' agissait de la création
verbale exerçant le plus grand pouvoir révélateur : l' image, le
rapprochement inédit de deux réalité distantes. )
les Surréalistes notamment avec
ces diverses méthodes d' écriture n' ont pu faire autrement que de
rejeter tout esthétisme comme ils le souhaitaient à la base, ils ont
bien respecté leur volonté de " noircir du papier , avec un louable
mépris de ce qui pourrait d' ensuivre littérairement." Cependant
leur production fut souvent et involontairement à l' origine de beaux
textes qui en séduisirent plus d' un.
Écriture automatique (octobre 2004)
« Train qui roule sur le chemin de la vie sans jamais s’arrêter. Mourir est-ce l’arrêt. Ne jamais revenir. Train qui n’avance plus, pas de progrès. Vers où ? Je ne sais. Je ne sais rien. Musique dans mes oreilles. Se détacher du reste, du monde extérieur, enlever les limites, les bornes. Décoller du sol. Revenir ou non ? Fatigue du corps qui ne sait pas où l’esprit va. Ne plus savoir qui nous sommes, ce que nous voulons. Ne plus réfléchir. Est-ce mourir. Sans raison que reste-t-il. Le légume. Ne plus rien faire, se laisser aller au gré des choses. Ne plus penser tout court et à rien. Vouloir, ne plus vouloir. Que faire ? Où aller ? Le train bouge, tangue. Vague à l’âme. Brusque solitude. Beaucoup de monde mais seule. Seule à diriger quelque chose d’intérieur en moi. A quoi s’attacher ? Aux désirs ? Peur de l’inconnu, de l’absurde. Y-a-t-il une logique au monde ? Comment savoir ? Pourquoi exister ? Des questions, ne pas réfléchir, ne pas y répondre. Se libérer mais nouvelles limites, découverte des bornes. Peut-on penser sans raison ? Les fous, comment ressent-ils les choses, que pensent-ils ? Ne raisonnent plus. Comment vivent-ils ? Croire en quelque chose pour vivre. Mais croire c’est bien beau ça ne changera pas l’ordre du monde. Et puis pourquoi changer le monde ? A quoi ça sert si on n’est que de passage. Pourquoi a-t-on mis la vie sur la terre ? Pourquoi de la raison dans certaines vies ? Vivre c’est quoi ? A quoi ça sert ? Comment répondre et pourquoi répondre puisqu’on ne sait rien ? Demain. Jusqu’à demain. Et après demain ? Un jour la mort et puis… rien. Ne plus vouloir, ne rien concevoir, ne plus rien voit. Regarder aveuglement. Voir les choses et qui passent et puis… ne pas réagir. Ne plus bouger, ne plus raisonner, être une bête, être bête. »
Notes sur le surréalisme en guise de conclusion (on ne conclue jamais vraiment sur un art aussi mouvant que celui-ci) :
Même si on ne considère le
surréalisme que comme un mouvement politico-culturel des années 20-30,
on ne peut nier l’influence et la trace de « l’état d’esprit
surréaliste » a posteriori. En effet, le cinéma hier, la
publicité aujourd’hui sont teintés de surréalisme, comme si le monde
fictif que l’on nous propose était un monde surréaliste.
Dans une société où
l’Homme s’enferme dans l’idéal de vie qu’on lui propose. Quelle
place put-on accorder à l’acte surréaliste par excellence ?
Le Surréalisme signifie tant
et si peu de choses à la fois. C’est un vaste univers par qu’on a la
chance ou non de traverser un jour.
Traverser le surréalisme,
c’est un peu comme traverser le désert du Sahara : c’est joli, on voit
très loin à l’horizon, on ne se perd pas tant qu’on ne s’éloigne pas
trop; et puis tout d’un coup le vent se lève, la tempête de sable
commence, on n’y voit plus rien, ça pique les yeux mais on doit
attendre que ça passe. Une fois sorti indemne, on sait que la
prochaine fois, on survivra…
En tous cas, il est
nécessaire de garder une chose à l’esprit, l’acte surréaliste est tout
proche, c’est même à vous de le définir, il n’en sera que plus fort. On
peut s’essayer au surréalisme sans prétention aucune et découvrir
beaucoup de choses.
Nous n’en dirons pas davantage; à chacun de faire ses propres expériences, surréalistes ou non !
Remerciements
Remerciements : aux profs qui ont « encadrés nos
recherches », à Breton sans qui ce TPE n’aura peut-être jamais vu
le jour (faute de personnage principal), aux documentalistes qui ont
supporté nos fous rires au CDI (c’était finalement pour la bonne
cause), et à tous ceux qui nous ont aidés de près ou de loin dans nos
recherches....
Prix spécial « non-sens pédagogique » attribué au
Ministre de l’Éducation Nationale pour la suppression des Travaux
Pratiques Encadrés… Serait-ce une forme de mépris envers notre travail ?
Travaux Pratiques Encadrés
Voilà plusieurs mois que nous
travaillions sur le surréalisme dans le cadre de nos TPE. Notre
production devait prendre la forme d'un magazine.
Malheureusement mon imprimante est en réparation et mon fichier de TPE résolument bloqué dans mon PC...
En gros j'ai deux heures devant
moi pour trouver une solution, sachant que ma clef-USB est out et mon
graveur refuse de graver...
Bref, je vais devoir me servir de ce blog pour publier nos recherches...
05 janvier 2005
Qu'est-ce que le surréalisme ?
C'est le début du printemps
Créations surréalistes
Le principe est simple : d'un coté quelqu'un écrit une question
commençant par "Qu'est-ce que...?" pendant qu'un autre entame une
réponse commençant par "C'est...". Les résultats sont parfois
surprenants, au point parfois de se demander comment cela est-il
possible...
Qu'est-ce que l'innocence ?
C'est le sourire d'un enfant
Qu'est-ce que la philosophie ?
C'est la pulpe d'un fruit
Qu'est-ce que le premier cri du nouveau-né ?
C'est un envol éphémère
Qu'est-ce que le vice ?
C'est une larme salée
Qu'est-ce que la liberté ?
C'est une fleur sans pétale
Ouverture du blog
Bonjour à tous !
L'écriture surréaliste ce n'est pas seulement jouer avec les mots,
c'est surtout jouer avec notre inconscient, avec les hasards, avec les
autres.
L'écriture surréaliste c'est découvrir des perspectives toujours
nouvelles, c'est accepter des horizons décalés, c'est partager des
inquiétudes, partager des idées et nos mots....
Ce blog vient d'être ouvert parce que nous nous sommes lancées sur les
traces de Breton et des zotres surréalistes, sans prétention aucune,
juste par curiosité, pour découvrir, comprendre, essayer, critiquer,
écrire. Nous avons fait cela dans le cadre de Travaux Personnels
Encadrés. Depuis, tous les prétextes sont bons pour attraper une
feuille de papier, et jouer à écrire, écrire en jouant ; même si,
parfois, le ciel s'assombri et nous parlons de choses graves dans nos
créations.
Dans l'espoir de vous donnez goût à l'innatendu, au décalage, à l'imaginaire, au surréalisme...
